Finale du CNGT de l’Open Aziza (Lannion)


Je tiens à préciser que l'article a été écrit par Margaux (du blog tennis : troispairesdetennis.com) et reprend une interview réalisée ensemble à la suite de la finale.

 

"Jeudi dernier je me suis donc rendue à la finale de cette seconde édition de l’Open Aziza, à Lannion dans le nord de la Bretagne. Ayant vécu pas loin pendant trois ans, j’en ai profité pour retrouver une vieille connaissance, et par la suite de moins vieilles (quoi que…).Tout d’abord, surprise de découvrir qu’un CNGT s’était implanté dans cette commune costarmoricaine d’environ 20 000 habitants. J’avoue y être allée en ne m’attendant pas à quelque chose d’exceptionnel pour plusieurs raisons : il s’agissait d’un CNGT et pour en avoir vu quelques uns (vitre sale séparant des courts, pas de tribunes, pas de chauffage ni même de public)… il s’agissait aussi "seulement" de la deuxième édition du tournoi (mais loin d’être la dernière en tout objectivité !) et pour finir, en plus d’être un 8 mai, sa localisation me déconcertait quelque peu.

Une fois à l’intérieur, nous passons par le club-house où sont installés les bénévoles, et partons nous installer dans les tribunes. Stupeur première en voyant leur taille et qu’elles sont déjà à bien plus de moitié pleines, alors qu’il s’agit encore d’un match-démonstration entre deux jeunes de la région. Suit une impressionnante démonstration de handisport où des volontaires sont pris dans le public pour jouer le double, et enfin, à 17h, tribunes pleines, les joueurs entrent sur le court au son de la cornemuse : la finale peut commencer.

Finale opposant donc un joueur purement breton, Charles-Antoine Brézac, retraité du circuit depuis fin 2012 mais qui continue à parcourir les tournois français (classé 239 au meilleur de sa carrière), et Gleb Sakharov, de retour après une blessure l’ayant fait chuter au classement la saison dernière, il a été classé 314 en août 2012, et a repris début janvier à la 699ème place mondiale. Mais, aujourd’hui et ce grâce à de très bons résultats sur le circuit ITF (demi-finale à Bressuire, deux finales consécutives en Egypte, quart à Angers) en dépit d’une tendinite à l’épaule et j’en passe,  il tient désormais la 482ème place mondiale. Soit un petit bond au classement de 217 places en l’espace de 5 mois pour faire court.

 

Comment résumer rapidement ce long match ? Un véritable ascenseur émotionnel en totale mission d’ infiltration.

 

Un premier set vite bouclé 6/1 pour Gleb, où Brézac se lance dans des rallyes de fond de court qu’il ne parvient pas à tenir ("Sakharov a un physique monstrueux" dixit un spectateur). Pendant ce temps-là, son adversaire n’en met pas une dehors, réussit chaque volley, chaque passing, chaque point qu’il tente. Rageant pour Brézac, qui va changer de tactique dans le deuxième et jouer plus finement. Ce qui va conduire au plus long tie-break auquel j’ai eu la chance d’assister jusqu’alors, avec une bonne dizaine de balles de match en la faveur de Sakharov qui s’inclinera 19-17 sur ce deuxième set.

 

Bonne ambiance sur le court, bien que les joueurs abordent ce troisième set relativement fatigués, et que tout le public n’a d’yeux et de voix que pour Brézac. Si Charles-Antoine tient encore physiquement dans les premiers jeux Sakharov atteint son objectif : victoire 6/2 au troisième set, après pas loin de 3h de jeu et 15 balles de match sauvées par C-A.

S’ensuit l’habituelle cérémonie de remise des prix où le vainqueur tente en vain de dérober le trophée à gagner pour 3 victoires consécutives, où je pousse un peu les journalistes pour pouvoir prendre mes photos (qui sont tellement d’une bonne qualité que vous n’aurez pas le privilège de les voir ici!). On apprend également que le tournoi déménage dans une nouvelle structure, plus grande, et compte grossir pas à pas. Plutôt positif puisque le seul détail sur lequel je souhaitais revenir était justement la structure du tournoi. Bon. Rien à redire alors ? Concernant le chauffage, ayant arboré un bon 38,5 de fièvre ce jour-là je n’ai pas eu à me plaindre du froid ! Donc rien à redire. Tournoi sur lequel je reviendrai sincèrement avec grand plaisir !"

Réaction de Gleb après sa finale (une semaine après ça compte toujours comme un "après finale") :

"Match sur lequel je ne partais pas forcément gagnant car j’avais plus de défaites que de victoires face à Brézac. J’avais dû le battre une fois quand lui était à -15, et depuis on s’était joués peut-être deux trois fois et à chaque fois sa victoire avait été en deux sets et sans appel. En même temps j’avais conscience que je suis plutôt dans une pente ascendante, je joue de mieux en mieux et suis plus fort physiquement que les autres années, mais aussi moralement ;je connais plus  mes forces et faiblesses, j’ai bien réussi à le remettre en coup droit après les services, ça avait bien marché sur  les 3 matchs jusqu’alors.  Je suis directement bien rentré,  ai réussi à le prendre à la gorge dès le début, à breaker et prendre un ascendant sans relâcher la pression.  Je savais cependant que Charles-Antoine avait des qualités forcément de top 200, c’est un gars très accrocheur qui ne lâche rien et sert bien dans les moments importants. A 4/2 je passe très peu de premières balles, il me met la pression, fait moins de faute et me pousse plus à jouer, nous engage dans des échanges qui font monter la tension : en même temps la fin du match arrivait, et toutes ces pensées parasites ne sont pas évidentes à gérer. Au début du tie break je ne pensais pas en faire un aussi long ! On s’est bien accrochés tous le deux, lui a été plus décisif, a bien contré quand j’avais la possibilité de conclure et a saisi finalement l’occasion  d’achever le set : ça a fini par passer, mais ça se joue de peu, j’étais un peu plus fébrile. Dès le 3ème la concentration est plus que nécessaire, je me dis que je vais prendre point par point, je m’accroche d’entrée, lui étant encore dans son temps fort après le gain du second set. Physiquement, je pense que j’étais peut-être un peu plus frais et fort que lui puisque j’ai beaucoup travaillé sur ça, et finalement ça a fini par passer, je n’ai pas laissé l’intensité diminuer, ai continué à dicter le jeu en coup droit ainsi qu’à lui mettre la pression. Il a eu une baisse de régime, et moi malgré la fatigue et les crampes qui commençaient à monter dans les jambes, j’ai su rester le "patron sur le terrain"."

P.S. Mes résultats avant la finale :

1er tour : victoire contre Le Rest (1/6) 6/3 6/1

1/4 de finale : Victoire contre Gensse (No25) 6/4 6/2

1/2 finale : Victoire contre Rodrigues (No40) 6/0 6/2

 

 

 

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Lu 6715 fois Dernière modification le mardi, 10 juin 2014 21:02
Publié dans monblog

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